Ainsi fait-il. Caroline Pigozzi et Henri Madelin.

UnknownJ’ai lu ce livre en espérant y retrouver la trace du Diable, si souvent cité par le Pape François, dans ses reprises de Léon Bloy :  » Celui qui ne croit pas en Dieu croit au Diable. »

J’attendais du père Madelin qu’il nous mette sur la route du Diable… comme dans un roman noir.

J’imaginais Madelin et Pigozzi endossant les habits du Diable.

Le livre refermé, j’ai l’impression d’avoir lu une historiette de la comtesse de Ségur. On apprend ainsi à la page 256 que le voeu de chasteté rend gourmand. « Je remarque que, chez les religieuses, les boîtes de chocolat circulent beaucoup en communauté ! Joueraient-elles un rôle compensatoire ? »

Caroline Pigozzi , grand reporter à Paris Match et spécialiste des religions sur Europe1 ne quitte plus sa « Pope star », 265 ème successeur de Pierre. Elle embarque pour le Brésil avec Jorge Mario Bergoglio dans l’avion papal, le lundi 22 juillet 2013. Vol spécial AZ4000 d’Alitalia désigné sous le nom de Shepherd One, Berger Numéro 1, par le contrôle aérien international.

Aucun détail n’est épargné. Sainte promiscuité. Accompagnants et journalistes s’entassent en rigolant dans l’Airbus A330 transformé en caravane pontificale. Le Saint Père s’installe à l’avant, dispose un appuie-tête brodé à ses armoiries sur l’oreiller préparé par son majordome, Sandro Mariotti, quitte son siège au survol du Sahara, annonce qu’il n’accordera pas d’interview :  » C’est ainsi. Je ne sais pas pourquoi, je trouve cela fatigant pour moi !  »

À la vérité il évite les conneries, genre Benoît XVI , lâchant dans l’avion des propos irrattrapables sur le préservatif et le SIDA.

Passage le plus intéressant du livre, le pèlerinage à la Vierge noire d’Apacerida, lieu de mémoire de l’esclavage des noirs, mais aussi le plus grand sanctuaire marial au monde. Friande d’anecdotes, notre spécialiste des religions raconte comment des nuées de religieuses arrachent des morceaux de vêtements du Pape.  » C’est Sister Act !  » s’exclame son Éminence Óscar Andrés Rodriguez Maradiaga. Aux détours de l’ouvrage, le Pape François est tour à tour, émouvant, charismatique, politique, intime, mais toujours surprenant.

Pendant 350 pages on est en mode Paris Match, mais sans poids des mots ni le choc des photos, même quand l’admiratrice assiste à la messe privée du Pape François ou se glisse dans le secret du conclave. C’est conforme et moins intéressant que son précédent ouvrage « Le Vatican Indiscret ».

On en apprend davantage quand Caroline Pigozzi interroge Henri Madelin, Jésuite renommé. Il nous confirme combien Jorge Mario Bergoglio croit à une forte personnalisation du Diable : « Il parle du Diable, de son omniprésence dans l’antirègne. L’exorcisme se veut une pratique pour faire reculer le Mal et les puissances mauvaises chez l’autre. »

Attendons que James Ellroy reprenne la parole papale sur le Diable et aussi cette sentence circulant au Vatican : Diabolus fecit hoc,  » C’est le Diable qui l’a fait. »

On compte sur lui.

Il en dira plus que le père Madelin dans sa naïve confession : « Je ne crois pas à un Diable personnalisé avec des cornes, des pieds fourchus et une longue queue. » ( page 256 )

James Ellroy peut s’habiller en Diable, Léon Bloy aussi, mais pas Caroline Pigozzi.

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