A Vau-l’Eau. Joris-Karl Huysmans.

imagesComment vivre sans aucune passion ?

Le livre donne la réponse. Jeune il suffit tout simplement d’être heureux « d’un sourire lancé par-dessus l’épaule » (p.13)

Vieux, il suffit de tout laisser aller à vau-l’eau puisque, sans qu’on puisse rien y faire, « la vie de l’homme oscille comme un pendule entre la douleur et l’ennui » (p.55)

De son personnage, Monsieur Levantin, Joris-Karl Huysmans dira : «  aucun plaisir ne le séduisait » (p.13)

Levantin est souvent triste et se laisse  aller à vau-l’eau.

Quand il se ressaisit, il part à la découverte de nouveaux restaurants. DESIR  de bien manger. Retour à un certain équilibre du moi.

Mais, il ne trouvera que de terrifiantes gargotes où « la carne fétidait, les verres avaient des ronds de bouche encore marqués, les couteaux étaient dépolis et gras et les couverts conservaient dans leurs filets le jaune des œufs mangés » (p.20)

 Le désir lui est interdit, alors son moi redevient faible.

Comme sa vie est vide, il trouve sa détresse bien plus supportable que celle des pourvus. Charmante légèreté de l’existence vide. Domination des pulsions de mort.

  Huysmans est le précurseur de Patrick Modiano.

 Son Monsieur Levantin, comme le Bosman d’Horizon, appartient à cette race de braves types qui ont la décence ordinaire des gens de peu, chère à Georges Orwell. Chez Huysmans, comme chez Modiano, cent ans plus tard, on retrouve les mêmes promenades nostalgiques dans Paris et, les mêmes regrets des transformations infligées aux quartiers vénérés. Comme Modiano plus tard, Huysmans aime Paris. Surtout le sixième arrondissement. Rues et maisons toujours nimbées de souvenirs où l’on retrouve un peu de sa fragile identité.

 « Pourtant, une partie de son quartier demeurée intacte, près du Luxembourg mutilé, était restée pour lui bienveillante et intime : la place Saint Sulpice. » (p.40)

Les femmes ?

 Folantin n’est pas ce qu’il appelle, lui même un « chaud de la pince ». Il le regrette.  « Si j’avais une passion quelconque, si j’aimais les femmes, je ne resterais jamais chez moi. Mais hélas, rien ne me divertit, rien ne m’intéresse ! » (p.49)

Comme Huysmans est cruel avec ses personnages !

 Il noircit toujours le trait.

 Folantin n’aura jamais les moyens de ses aspirations.

 Au moins Des Esseintes dans  A REBOURS, même s’il s’ennuyait tout autant, pouvait essayer un luxe d’artifices vicieux pour tenter en vain de se distraire.

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